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Prospection.

Une fois la rédaction achevée, commença la phase la plus ingrate : la prospection d'éditeurs. Car terminer un roman, c'est bien beau, mais encore faut-il trouver chez qui le publier. Il faut savoir qu'en France, se faire éditer lorsqu'on est inconnu relève presque de l'impossible. C'est ce que j'ai toujours expliqué à celles de mes lectrices qui me posaient la question parce qu'elles souhaitaient devenir elles-mêmes écrivain. Dans notre pays, les éditeurs croulent sous les manuscrits, car chaque Français est un écrivain en puissance, notamment pour les autobiographies. Pour qu'un professionnel accepte de publier un ouvrage, il faut (c'est ce que l'on m'expliqua plus tard...) soit être déjà très connu, un "people" dont le nom est à lui seul susceptible de faire vendre -et dans ce cas, peu importe qu'il ne sache pas écrire, on lui trouvera toujours quelqu'un qui rédigera à sa place!- soit proposer un livre qui présente de...

Et après trois mois, 500 pages, et une bien fière écrivaine!

Vint un jour où l'histoire fut terminée. Au bout de trois mois. Et comme vous pouvez le constater sur la photo ci-contre prise à cette époque : j'en étais vraiment fière et heureuse ! (Cette photo, celle que je joignis à mes manuscrits lorsque je prospectais des éditeurs, est du reste liée à une histoire amusante, car disons-le franchement, elle est assez flatteuse -un bon maquillage et un bon éclairage peuvent faire des miracles!-, et de plus, mes yeux y paraissent bruns. Si bien que lorsque, bien plus tard, je me rendis pour la première fois chez l'éditeur qui devait me publier, le jeune homme qui avait assuré la relecture du roman, Pierre B., m'accueillit avec un désappointement non dissimulé. "Mais vous êtes blonde! me lança-t-il d'un air de reproche. Et vous avez les yeux bleus!" Je compris à son air déconfit que cette photo avait sans doute été pour lui l'objet de bien des fantasmes...) Quoi qu'il en soit, fière je l'étais. J'avais ...

D'étranges coïncidences.

La rédaction de mon roman fut ponctuée de phénomènes étranges. C'est presque une histoire à l'intérieur de l'histoire qu'il faudrait narrer... Tout se passait comme si je m'étais tellement "connectée" au lieu et à l'époque que je décrivais, que je m'y projetais de manière mystérieuse et en percevais intuitivement certains éléments. Souvenez-vous que j'avais débuté mon roman sans posséder véritablement certains détails historiques. Ne voulant pas me laisser arrêter par le manque de données, j'avais entamé la narration, me réservant le droit de corriger après coup certains passages s'ils s'avéraient ne pas coller à la réalité. Eh bien ceci ne fut que fort peu nécessaire. A quelques exceptions près, il ne fut pas utile de revenir sur ce qui avait été écrit, si ce n'est pour de légères adaptations. Pour commencer, parlons de la Savoie. Sachez que je n'y avais jamais mis les pieds. C'est tout à fait par hasard que je choisi...

Le feu de l'écriture.

A partir de là, je me plongeais dans mon roman avec frénésie. Oui, avec frénésie. J'écrivais jusqu'à dix heures par jour, j'écoutais de la musique baroque du matin au soir, la maison était jonchée de documents sur le XVIIIème siècle. Si je m'interrompais pour faire des courses, je restais néanmoins mentalement projetée dans mon récit. Au point du reste d'arborer parfois une attitude très étrange! Un jour, je me surpris ainsi à parler à haute voix dans la rue (ce furent les regards étonnés des autres passants qui m'en firent prendre conscience), en train de littéralement déclamer le dialogue que j'allais m'empresser de rédiger à mon retour chez moi! Une fièvre m'habitait. Plus l'histoire avançait, plus je savais où aller exactement. Une étrange sensation de puissance était en moi, celle d'un démiurge omnipotent qui contrôle la vie des êtres. Car je décidais du sort de mes héros... Mais en même temps, il arrivait parfois, par un étrange phéno...

Premières difficultés... et premiers bonheurs.

Les premières difficultés furent liées au fait que je n'avais vraiment pas choisi un lieu et un cadre historique faciles à gérer. Songez donc qu'en 1992, internet n'existait pas. Pour les recherches, il fallait se rendre directement à la source, autrement dit en Italie, car la vie de Victor-Amédée II a suscité peu d'études en France. Or, il se trouve que les ducs de Savoie sont en fait les ancêtres des rois d'Italie (la famille existe encore, vous le savez peut-être). Ceux-ci ont été bannis de leur pays pour s'être alliés à Mussolini, et il y a en Italie une sorte "d'omerta" frappant cette famille. Par conséquent, malgré les relais amicaux dont je disposais à Turin, j'eus le plus grand mal à me procurer un ouvrage sur le premier roi des Sardes. Et quand j'y arrivais enfin, le livre était en italien... De surcroît, impossible de trouver le moindre livre sur Turin: toute l'Italie est touristique, sauf Turin qui est une ville très austère!...

La naissance de la Licorne et les Trois Couronnes

Tout en commençant le récit, j'entamais des recherches à caractère historique. Si je cernais bien le début de l'intrigue, il me manquait en effet le lieu et l'époque précise qui serviraient de cadre au roman. Il fallait que les héros parlent français (par commodité et parce qu'au XVIIIème siècle c'est la culture française qui rayonnait le plus - même si en réalité, c'était toute l'aristocratie européenne qui s'exprimait dans cette langue). Cependant, dans un souci d'originalité, il ne fallait pas que l'histoire se déroule en France même... La date, ce devait être entre 1730 et 1750, à cause de la beauté de la musique et de la mode vestimentaire à cette période, éléments qui devaient vraiment contribuer à mon inspiration. A force d'approfondir l'histoire européenne sur cette époque, et après avoir notamment exploré du côté de la Hongrie et du Schleswig-Holstein (Eh oui, Camille a bien failli être Allemande..!), je finis par découvrir ce...

Ma plongée en littérature

C'est arrivé un beau matin. Réellement, comme çà. En revenant de vacances par un bel automne de 1992, ne trouvant rien à lire qui me plaisait (je cherchais quelque chose de vraiment distrayant, mais qui ne soit pas stupide), je me suis demandé si c'était si difficile d'écrire une belle aventure palpitante conforme à mes goûts. Pourquoi ne trouvais-je nulle part un roman qui mêle Histoire réelle sans ennui, danger sans noirceur, amour sans facilité, et élégance stylistique sans pédanterie? Et pourquoi ne pas s'y mettre? Vous connaissez l'adage: "on n'est jamais mieux servi que par..." Alors j'ai pris mon beau stylo-plume, des feuilles de classeur, et je me suis installée à une table de jardin derrière ma cuisine. Je m'y revois encore. Et j'ai commencé. Une ligne, puis une page. Je n'avais même pas idée de là où je voulais aller. Je savais seulement que cela se situerait au XVIIIème siècle. Obligatoirement. Une trame s'était vite for...